Assise
à la même place depuis près de trois heures, l’étudiante bouge très peu. Autour
d’elle, les voyageurs vont et viennent, prennent des appels et hurlent pour se
faire entendre par-dessus le brouhaha de l’aéroport bondé. Elle ne fait que
croiser ou décroiser ses jambes toutes les quinze minutes environ. Le mouvement
constant aux alentours ne semble pas la gêner le moins du monde, elle se
concentre peut-être sur les prochaines heures qui la mèneront à destination.
Les vols sont nombreux ce soir, le sien, en direction de Sydney, est à 20H30.
Il lui reste un peu de temps avant de devoir monter à bord.
Ses
habits trahissent sa connaissance des vols de nuit : un pull confortable
pour ne pas avoir froid, un pantalon ample, une paire de baskets qui permet de
bouger toute une journée sans connaitre le moindre inconfort, tout a été pensé.
Ses cheveux bouclés sont libres de tout élastique ou bandeau. Sous ses yeux,
quelques cernes, peut-être le stress de rater son avion. En apparence, elle est
calme mais plusieurs petits gestes trahissent son inquiétude : ses dents
qui mordent sa lèvre inférieure, ses doigts qu’elle apporte à sa bouche pour
arracher un morceau de peau morte, ses pieds qui martèlent le sol ou encore la
main qui serre un peu plus à chaque seconde la bretelle de son sac à dos. Pas
de valise à ses côtés; le voyage ne doit pas durer plus de deux semaines.
Cette
jeune femme suit une routine : un coup d’œil à son téléphone, puis à son
billet et son passeport, avant de refermer les yeux et de prendre quelques
longues respirations. Ces petits gestes se répètent en boucle depuis un certain
temps maintenant. Son écran de téléphone illumine son visage un court instant
et émet un petit son, signe qu’un message texte vient d’arriver. Elle le lit
dans la seconde avant de déposer son sac à dos sur ses genoux et de l’ouvrir.
Une partie du contenu de son sac est à la vue de tous pendant un court instant :
carte pliée en quatre, trousse de toilettes, peu d’habits de rechange, des
livres de poche… Elle va pouvoir s’occuper pendant son vol.
La
voix d’une hôtesse se fait entendre, priant les passagers du vol en direction
de Sydney de se rendre à la porte d’embarquement. Elle se lève immédiatement,
une nouvelle sonnerie se fait entendre. Elle sort le téléphone de sa poche et
clique sur l’écran.
–
Oui? Je vais embarquer dans quelques
minutes. Tu peux pas savoir à quel point j’ai hâte d’enfin voir l’opéra de
Sydney et de goûter au poulet parmigiana! J’attends ça depuis trois mois
maintenant. On se voit à l’aéroport tout à l’heure papa, d’accord?
La
voyageuse raccroche, vérifie une dernière fois que son passeport est dans sa
main avec son billet puis elle part un peu plus confiante en direction de sa
porte d’embarquement, ses cheveux rebondissant à chacun de ses pas.
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